L'essence de Dog in a Shell 
Les origines de Dog in a Shell sont fondées dans le souhait de préserver des souvenirs tangibles lors de la perte d'un petit être cher.

Lorsque mon premier compagnon canin, Ely, s'en est allé, j'ai cru logique de le faire incinérer pour récupérer son urne et le "garder auprès de moi". Cette solution, au final, ne m'a pas du tout convenu pour différentes raisons.
Lorsque ce fut le tour de mon deuxième petit compagnon, Pacôme, de nous quitter de manière soudaine, je ne savais pas exactement ce que j'allais faire, mais je savais que je ne voulais pas reproduire ce que j'avais fait pour Ely.
Dans un premier temps, j'ai conservé son petit corps. Je savais que je souhaitais conserver des traces tangibles de mon petit chien. Ses ossements, sa fourrure, quelque chose qui me parle, pas juste un tas de poussière dans une petite boite comme celle que j'ai pour Ely et qui au final ne signifie rien pour moi.
J'ai commencé par chercher des taxidermistes travaillant dans une réelle optique d'accompagnement, de préservation mémorielle, mais la tâche s'est avérée difficile. Très difficile. Très peu de personnes semblaient pratiquer ce travail de manière douce avec le souhait de traiter les petits êtres qui leur étaient confiés comme un être aimé plutôt que comme une simple commande.
Le peu que j'ai trouvé au cours de mes recherches étaient à l'autre bout du monde ou ne prenaient pas de commandes.
J'ai donc décidé de faire moi-même ce que je peinais à obtenir.
J'ai passé plusieurs semaines à lire et chercher, me documenter, me renseigner, travailler sur moi-même pour savoir si je serais capable de traiter le corps de mon petit chien.
Ça m'a demandé beaucoup de travail, de doutes, de réajustements, de rattrapages de mes erreurs, de patience...
Mais j'ai finalement réussi.
Non sans émotions, non sans un peu de fierté pour ce que j'avais réussi à accomplir.
J'ai réussi à préserver plein de vrais souvenirs, des pièces tangibles, des pièces qui me parlent, qui me permettent de conserver des hommages qui font sens à mes yeux, un petit peu de présence de mon petit compagnon disparu.
J'ai nettoyé son petit squelette, en apprenant les méthodes d'ostéologie, les techniques existantes pour nettoyer et conserver des ossements. Je suis loin d'avoir fait ça parfaitement. J'ai expérimenté, j'ai fait des erreurs, j'ai appris, le résultat n'est probablement pas parfait mais il est là, et à mes yeux il est beau, il me convient et me réconforte. J'ai rangé soigneusement ses petits os dans un petit ossuaire.
J'ai tanné une partie de sa fourrure, apprenant les différents techniques de préservation des peaux. Là aussi j'ai fait des erreurs, je dirais même que cette fourrure m'a fait suer et m'a donné de grandes inquiétudes, j'ai cru que j'allais la perdre. Mais là aussi, le résultat est là. Aujourd'hui elle est parfaitement stabilisée grâce au tannage végétal, après de nombreuses erreurs et manipulations, et je suis très heureuse d'avoir pu la préserver. Elle est de loin la pièce la plus intéressante, hautement sensorielle, elle permet de conserver la sensation d'une caresse.
Et puis j'ai également momifié certaines parties de son petit corps.
Ses pattes, ses oreilles, sa queue, et son petit museau, permettant de les installer, comme s'il était endormi sous sa petite cloche.
Là aussi j'ai fait de grosses erreurs, que j'ai heureusement réussi à rattraper, pour arriver à un résultat réellement apaisant.
Bien entendu j'ai aussi fait des petits souvenirs plus accessibles, Pacôme était un petit chien très apprécié de tout le monde, alors j'ai fait des moulages de sa petite truffe en pâte polymère que j'ai pu offrir aux personnes qui l'aimaient. Et pour moi, une petite suspension attrape-lumière avec ses empreintes de patte, de nez, ses poils...
C'est un travail qui a été très long, j'ai du assimiler beaucoup de techniques en très peu de temps, j'ai été énormément stressée car n'ayant jamais expérimenté, j'ai fait beaucoup d'erreurs alors même que la "matière" que j'utilisais avait une valeur sentimentale énorme. J'ai eu plusieurs fois peur de perdre tout ça en raison de mes erreurs liées à mon inexpérience.
Mais j'ai appris, et le résultat est à la hauteur de tout le cœur et la dévotion que j'y ai mis.
Aujourd'hui, on peut dire que Ely et Pacôme, mes petits chiens disparus, sont l'essence même de Dog in a Shell.
C'est suite à leur perte et aux stratégies que j'ai mis en place pour y faire face plus sereinement que j'ai souhaité développer davantage ces techniques de préservation.
Désormais, j'ai le sentiment que chaque petit être disparu qui croise ma route mérite de recevoir cet hommage de préservation, de revalorisation.
J'ai aussi le souhait, à terme, lorsque je me sentirai plus compétente, d'accompagner les personnes qui en auront besoin, comme moi j'en aurais eu besoin.
Dog in a Shell, c'est tout simplement un travail de mémoire et de souvenir. 